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Toutes les images qui illustrent ce voyage et quelques autres sont en grand format dans les galeries
Le lendemain je me réveille
au pied de mon premier col, un peu stressé, mais tellement heureux
d'y être. Je bois un café dans un bar du coin, beuuuuhh,
il va falloir s'habituer au café français.Un croissant
vite fait et c'est parti pour le col Lebraut. On me l'a dit coriace,
je le passe très facilement à un rythme de promenade,
c'est bon signe pour la suite. Il y a un peu de brume, il ne fait pas
trop chaud c'est parfait. Je descends vers le barrage de Serre-Ponçon
pour remonter vers le cols des Garcinets, je suis parti pour une étape
de près de 90 km, pas certain de pouvoir les faire mais qu'importe,
je camperai en sauvage s'il le faut. Je passe le cols des Garcinets
sans trop de difficultés juste trois gouttes de pluie. Dans le
village de Turriers je casse un rayon de ma roue arrière. il
faut trouver à réparer je n'ai rien avec moi pour ce genre
de "panne". Je me renseigne, il y a un réparateur à Sisteron
mais il est fermé le lendemain je dois donc y arriver le plus
vite possible. Je passe par le cols de Sarrault pour descendre à
bloc vers Sisteron. je me dis que si des rayons doivent casser c'est
le moment alors, à fond. J'arrive à Sisteron avec 4 rayons
cassés, une roue bien voilée et un vélo plus trop
stable.L'idéal serait peut être une roue neuve car celle-ci
a déjà bien servi mais il n'y en a pas. On répare
donc... Le deuxième jour je pars vers Lachau par les gorges de la Méouge, la route est assez sympa et ne monte que très peu, je roule assez vite, l'étape de la veille n'a pas fait trop de dégâts.ALachau je me méfie du dimanche et achète à manger dans l'épicerie fermée qui ouvre pour moi. J'attaque le cols de Saint Jean à l'heure du déjeuner, il fait terriblement chaud et les pentes sont raides, je pars trop vite... A mi-col heureusement je trouve une source, je suis a sec et je commence à envisager de redescendre tellement j'ai soif. Finalement j'arrive au sommet. Ouf! C'était dur. Je descends vers Laborel où je m’octroie une pause prolongée en compagnie d'une vieille dame qui me parle des 3 centenaires du village et d'elle même qui espère y arriver. Je passe ensuite le col de Perty sans trop de difficultés pour atteindre en fin d'après midi la petite ville de Buis les Baronnies. Il y a là un camping près de la piscine que je ne recommande à personne, mais je n'ai pas l'intention d'y rester. Le soir c'est la finale de la coupe d'Europe, normalement je devrais bien dormir, les Italiens devraient gagner. Même si je n'aime pas trop le foot, de toute façon il n'y a pas le choix, je regarde donc la finale dans le PMU. Dois-je vous le dire j'ai passé une nuit assez courte en raison des klaxons....
J'effectue ensuite une descente à tombeau ouvert vers Chantemerle-Les-Grignan où m'attendent mes amis pour une journée de repos près de la piscine. Je ne marque en fait qu'un seul arrêt, au moment où pour la première fois je vois distinctement le Mont Ventoux à l'horizon. Il est tellement beau là-bas au loin que la décision est vite prise, j'y vais. Le sixième jour, je pars
vers 17 h seulement de Chantemerle direction Vaison-la-Romaine, la route
est " chiante " mais j'ai pris les grands axes pour arriver
pas trop tard. J'ai longuement réfléchi et hésité
pour savoir par où attaquer le monstre qui se dresse maintenant
devant moi finalement je serai raisonnable, je le prendrai de Sault
et sans bagage. Pour un premier plus de 1500 presque 2000 c'est déjà
pas mal. Et le septième jour Dieu se reposa…, oups pardon, j'entame le tour du Ventoux par le nord, il fait épouvantablement chaud et je n'avance que par coup de 10 km pour me mettre à l'ombre un quart d'heure et repartir. J'arrive finalement tard à Sault. Je passe ce jour là le Pas du Voltigeur et le col de Veaux vraiment tout petits. Le huitième jour je me lève
en pleine forme, il y a beaucoup de nuages sur le sommet du monstre
mais je suis convaincu qu'ils vont se lever. Je pars de bonne heure,
il ne fait pas très chaud mais tout va bien. Plus je monte, plus
il y a du vent (au Ventoux vous me direz que l'on n'a pas vraiment le
choix). Arrivé au Chalet Reynard il fait franchement froid et
je décide de faire une pause, les nuages sont toujours là
quelques mètres au-dessus de moi, je m'envoie donc un chocolat
chaud et un café avant de repartir. Je ne m’arrêterai plus,
il fait vraiment trop froid, je me suis couvert mais ca ne sert à
rien la veste imperméable au vent est en bas. En passant devant
le monument Simpson je ne pense qu'à une chose bientôt
le sommet il reste moins de 2 km. A 1 km du sommet un cyclo a peint
au sol une flamme rouge, je vous jure qu'elle fait plaisir. J'arrive
au sommet grelottant, 7°C et un vent à écorner les bœufs.
La visibilité 30m tout au plus, pour le panorama du Ventoux je
reviendrai. Je me réfugie quelques minutes dans le magasin de
souvenirs où il n'y a que des cyclos. Les autres ne sont pas
montés il fait trop mauvais. Pas rassasié pour un sous
je pars pour Bédoin par les superbes gorges de la Nesque que
je descends à un rythme de promenade. Les dix dernier km se font
par contre face à un Mistral de la mort. C'est la plus longue
étape de ce voyage (106km) mais aussi la plus haute (1909m).
Le soir il y a tellement de mistral qu'il est impossible d’allumer mon
réchaud, je me trouve donc un petit resto où je mange
un confit de canard aux figues cuites, un vrai délice. La nuit,
ma tente dont je n'ai pour des raisons de poids que le double-toit me
tombera 3 fois sur la tête, couchée par le vent.
Le neuvième jour, je retourne à Chantemerle-les-Grignan et je fais bien, le lendemain la météo est calamiteuse sur toute la France, je ne fais qu'une petite balade de 40 km sans bagages pour aller faire quelques courses et comme j'ai toujours de la chance, c'est devant la porte du marchand de cycles de Saint-Paul-Trois-Chateaux qu'explose mon pneu arrière. Je passe le reste de la journée devant la télévision pour voir Amstrong assommer le tour de France sous la pluie à Autacam. Le onzième jour je fais une petite étape
vers Dieulefit (car si dieu le fit, il fallait que je le fasse) où
je passe une journée entière sous la tente, il douche
et je n'ai pas envie de rouler, je bouquine. Je n'ai plus d'itinéraire
en vue, il me reste quatre jours avant l'arrivée de mon épouse,
il faut que je consulte mes cartes. C'est alors que s'impose à
moi le col de Pennes. Le treizième jour, je me dirige donc vers le cols de la Chaudière, il ne fait pas trop chaud, il fait même froid dans les descentes mais il ne pleut plus c'est déjà ça. Dans le col de Pennes je vais vraiment peiner, c'est la seule fois que sonne mon cardio-fréquence-mètre qui ne sert qu'a donner l'alerte au dessus de 170 pulsations minutes. Les 4 premiers km sont proche des 12% moyen après ca ce calme. Au sommet du col j’aperçois les cîmes sous la neige du parc des Ecrins (je crois) c'est vraiment une vue magnifique. Le soir je dors au camping de Luc-en-Diois, il y a une piscine mais la chaudière est en panne, tant pis je nage quand même un peu dans l'eau à 19°C (C'est un comble après mon premier col du jour). Le quatorzième jour... il pleut de nouveau
mais là je n'ai plus le choix, il faut que je roule si je veux
être au rendez-vous avec mon épouse qui me rejoint à
Chantemerle. Je m'enfile donc les cols de Prémol, des Roustants
(je n’ai pas dit Rouston), de Vache, et des Guillens sous une pluie
continue, je ne garde pas d'autre souvenir de cette journée.
Je roule vers Saint-Nazaire-le-Désert espérant que dans le désert il fasse sec, je rêve mais ça motive. Le soir je n'ai pas envie de monter la tente, je l'ai pliée mouillée et c'est presque l'assurance d'une nuit d'horreur. Je cherche à dormir au sec et je trouve finalement une caravane à louer pour environ 3 Euros (20ff) la nuit. L'immeuble (plus vraiment mobile l'engin) ne date pas d'hier mais il ne pleut pas dedans.
C'est un superbe voyage qui se termine,
je suis vraiment mordu de la montagne et plein de projets. Le premier
est d’ailleurs une semaine à Barcelonnette pour attaquer quelques
grands cols des Alpes. Mais pour moi ceux-ci effectués au départ
d'un "camp de base" sans bagages ne font plus vraiment partie du même
voyage. Toutes les images qui illustrent ce voyage et quelques autres sont en grand format dans les galeries |